Brûlée vive






 
N-ième degré
Au bord des souvenirs ignifugés
Il y aura toujours des insolations peu recommandables
Ce n'est pas une bonne journée, celle qui commence
Celle qui finit ne l'était pas non plus
La flamme du tungstène m'a aveuglée
 Brûlée au fer à souder de la foi en l'illumination
Et les lendemains qui chantent
Me tirent à peine de la carbonisation
La peau, la peau
L'incendie fut rude
Les corps des sapeurs bien lents à la détente
Sous leurs lances, je rêvassais mais il était trop tard
Le collapsus déjà me faisait basculer
S'abandonner ainsi sous les spasmes de l'incinération n'est pas glorieux
Un arrosage préventif aurait suffit à me rafraîchir la mémoire
L'oubli en hypoesthésie, la greffe maintenant s'impose
Les avant-goûts enduits de biafine
L'échange d'adresse devient toute une affaire
Sous l'épiderme, la plage
On aperçoit déjà les vertèbres des sédimentations
Les divers bandages tournent en rond
Quelques braises encore se consument
Seront éparpillées sous le caprice des appels téléphoniques
Les cendres de la régénération



Mai 2011



Cadavres exquis





Le cercle polaire n'est rien à côté de leur regard de glace
Je m'observe dans leurs pupilles et n'y voit pas que du feu
Ils pourraient se ranger en ligne pour que je compte
Ma ténacité est digne de lauriers
 J'hésite.  Couronnée, le brushing est plus délicat
Ils s'entassent, usés jusqu'à la corde
Que je tends pour mieux me pendre au jeu
Rien, des nèfles
Une énergie à couper au couteau
Le podium et puis la décadence
Pas assez et puis après trop
Une ronde, une guirlande
Et toujours la question suspendue
De ce qu'ils ont dans le gilet
Dont je découds seule l'étiquette au bout
Disons, d'un certain temps

Ils laissent dans le sillage de leur perte
Le parfum connu des grands désespoirs
Trois petits atours et puis s'en vont
 En file, indienne, ça c'est encore à voir
 J'ai marché sur les pas des grands chambardements
Passionnée jusqu'à l'amblyopie
Scandant des noms des noms et autres choses
 Les karaokés de Stabat Mater écrits entre deux portes
J'y reste coincée
Le chambranle n'est pas mon fort
  Que reste-t-il de toutes ces dépouilles ?
Une piste de danse effondrée au milieu
Un étrange pas de deux jamais bien accompli
Jamais tenté sans devoir écraser un beau jour quelque chose
Un salto dont on aurait ignoré la courbe
Surtout un grand écart
Usé jusqu'à la déchirure 
Tellement qu'on en oublie qu'on s'est crus rassemblés
Uniquement pour se perdre mieux




Mai 2011