Brûlée vive






 
N-ième degré
Au bord des souvenirs ignifugés
Il y aura toujours des insolations peu recommandables
Ce n'est pas une bonne journée, celle qui commence
Celle qui finit ne l'était pas non plus
Quoi faire de la peau ? 
La flamme du tungstène m'a aveuglée
 Brûlée au fer à souder de la foi en l'illumination
Et les lendemains qui chantent
Me tirent à peine de la carbonisation
La peau, la peau faut-il encore qu'elle enveloppe !
L'incendie fut rude
Les corps des sapeurs bien lents à la détente
Sous leurs lances, je rêvassais mais il était trop tard
Le collapsus déjà me faisait basculer
S'abandonner ainsi sous les spasmes de l'incinération n'est pas glorieux
Un arrosage préventif aurait suffit à me rafraîchir la mémoire
L'oubli en hypoesthésie, la greffe maintenant s'impose
Les avant-goûts enduits de biafine
L'échange d'adresse devient toute une affaire
Sous l'épiderme, la plage
On aperçoit déjà les vertèbres des sédimentations
Les divers bandages tournent en rond
Quelques braises encore se consument
Seront éparpillées sous le caprice des appels téléphoniques
Les cendres de la régénération.



Mai 2011