Habits rouges







Les coutures craquent
Les épaules s'affaissent aussitôt la porte des splendeurs franchie
Les balbutiements de la séduction se noient à l'aurore de mes muqueuses
Pièce à prendre, muse d'un complot ourdi dans des jargons vieux comme le monde
Je n'y songerai plus, au parfum des éclats de verre
Ni à la grande sérénité des possibles
Les manches s'agitent dans l'air enfumé
Elles baignent dans la sueur des fins de banquets
Où se fredonnent des hymnes pimpants
Table servie pour qui sait y faire
Et les troncs des admonestations sciés à la base
Tombés sous le vertige pourtant bien sot
Des candeurs médusées



Août 2012



Fondre






Le souffle s'est retourné sur lui-même
Les zébrures encore tenues dans les poings de l'air
Sont là depuis la première pluie
Quand on levait encore les yeux vers celui qui régnait
Nous attirait jusqu'à nous extraire de nos côtes
La première pluie
Qui nous assigna à perdre
Une à une, dans le crachin, nos flamboyances
Les rayons sont mous maintenant
Chacun des pas arraché à la perplexité s'enfonce dans les marais
Rien de la substance ne tient plus sa promesse, donnée au creux de l'aube
Une grandeur, quelque part
Un peu plus profond que la morgue des glandes
S'il plaît au jour, une grandeur
Le déluge connait l'instant de sa propre fin, il rêve la perte de ses eaux
Il y faudrait une césure pour donner aux noyades le goût du liège
Les fontes obstinées s'élèvent jusqu'à ma foi
Celle d'être une autre un jour, qui, c'est sûr, dormirait jusqu'à plus soif
Aseptisée par le précieuse ignorance
Ensevelie sous l'oubli sacré




Août 2012








Midtown



Tout
 S'est soudainement, soudainement
Quelque part, posé au sol, aux côtés des réticences, des deuils salés
D'un coup
Tout
Mes mains passent leur baume sur la tempe de cette énigme
Je n'y crois que très peu
Je n'y crois pas
 L'aisance, l'aisance
La fluidité du vertige
Le mystère de mon glissement si palpable
S'entrouvrent
Mes paupières mi-closes sous ton imminence
S'entrouvrent
Les baies éventées sur ta consistance
Et l'impensable volonté de ta voix
M'atteignant au-delà des frontières ressassées de mes débauches
Plus larges les yeux
Les sirènes huileuses au loin
Les sons, les sons
Les mamelles de ta cité m'irriguent et tu parles à quelqu'un que je serai plus tard
Quand le musc de mes avidités aura coulé sur tous tes membres
Il y a là ta créature intacte au long de qui pourrait s'adosser mon péril
Discret, amarré par force à l'évidence
Transi d'aise sous le souffle de décompression
Le relâchement de l'envol est ravissant
Ravissant





Août 2012 



2

Personne du pluriel







Tenu pieds et poings liés par de longs canaux lacrymaux
Traversant la pénombre des passages chamaniques, parfois,  le déjà-su
Mon nous s'en va, pris à la gorge sans bien comprendre
Exclu par ce jour sans cesse nouveau
 L'illimité s'égosille toujours un peu
Sur des idées vagues, des atmosphères
Empiétant déjà, empiétant déjà
Astreint aux mélanges,  nous règne pourtant sous les hospices de la découverte
Qui gît de toute sa discrète acidité 
En bas d'échelles toujours retournées
  Notre avenir
Notre superbe pour le tempo des artifices
Pour un enjeu gris et doré
Déclencher doucement les vrombissements
En baissant la tête pour ne pas s'ignorer tout à fait
Pas s'ignorer tout à fait
Les territoires s'impliquent et les cordons sanitaires craquent
Quand donc reviendrai-je là, 
Au moment morphinique d'avant l'homme
Où je n'attendais pas
Où l'aventure était sans fracas
Où je n'attendais pas  
L'enjeu est caduque, le gain pâle
Mon nous m'estompe dans ses chimères
Mais je ne disparaîtrai pas dans l'algorithme de tes songes
  Si besoin, je trouverai les coraux qui filtrent l'incident
Un collier de perles d'huître, pour le soir
Une liane tendue autour de ton souci si tu tombes
N'aie pas plus peur maintenant
Que lorsque tu souriais
Ridiculisais l'élan de mes caravelles












Août 2012













Perspectives dominicales






Ce qu'il apporterait, ce qu'il apporterait
L'outil avec lequel on s'enfarine en bleu
Un paradoxe engagé dans l'égard
Et des revirements
Instantanés
La luminosité des outrances et des points noirs sur les reins
Des surprises
Des surprises
Une grande première dans la langue des signes
Faciles, immobiles, des appels
Il tiendrait haut la main
Sa mémoire et la patience de ceux qui veillent
La marque orageuse des inconstances et des pleurs
Il me surprendrait et la nuit, m'apprendrait sans démordre
Je serrerais sa lassitude avec mon temps perdu
Ce qu'il apporterait
L'imprévu de la grâce
Son initiative bancale, traversée par les sondes
La peur aussi
Et
Des surprises
Des surprises
Une virginité aux mondes mafieux
Il ouvrirait les vannes gercées de ses bouches
J'y croirais
Posant sur son socle
Mes moitiés écartelées et leur ombre
Il pourrait s'y lacérer d'étonnement
J'applaudirais à sa genèse
Sans faillir
La possibilité d'avancer
Assez lentement
Des surprises
Des surprises
Vers l'instant
Juste avant
L'ultime








  Juillet 2012






Bas-côtés













Au passage, on laisse donc picotements et léger déséquilibre
 L'appel des chants nuptiaux est sévère
Lorsque les volontés s'exécutent, revenir, respirant encore
 Bien que pour peu de temps 
Les volets des communs jurent leur foi qu'ils claqueront en même temps
Mais rien ne le prouve
Ni la larme lourde d'aveu
Ni la sueur collante, l'eye-liner des faiblesses
Ils claquent
La place restera vacante au pli du coude
Les mœurs enfin défibrillées sont rugueuses au toucher
Et pourtant on pensait, on pensait
Le silence encore s'ouvre dans un fracas
Les pas ne s'enfoncent plus au fond du reste
L'indemne est usé
L'ennui, c'est qu'on pensait
 
 
 
 
Juillet 2012
















Old Love





Il y en eu des murailles abattues
Des réseaux veineux livrés aux feux des spasmes
L' ovation des efforts et le poids des pertes
Redire encore de quoi nos deux mains sont chargées
De nouveaux troubles, assis au banc des accusés
Du flou, de la tentative d'exploration sans gants  
Il y en eu des suivants, assis, puissants, sur leur nomenclature
Attendant, attendant l'heure opportune des nonchalances
Il y eu des histoires écrites et des défaites
Des essais d'assister aux messes dans le noir et ailleurs
La prime aux assurances des pincements
Les heures adonnées au passage du témoin épuisé
  Essayer de s'abandonner à la rémission
A la  fièvre commune, aux osmoses
Tout cherché sous les draps des jours
Lents parfois et creux aux mâchoires du temps
Le toujours neuf accouplement des flancs
Retardé ou craint
Pourtant joué d'avance 
Le requiem des mythes poudrés chanté seule
A capella face aux marais des prétentaines
Muselée à la fin d'avoir tant ouvert son tronc
Et prise au dépourvu, la belle image des hommes passés, leur front
Le sage oubli et les traces de craie
 Toujours à peine tournées, les pages




Juillet 2012


La nomenclature






Longtemps, longtemps
J'ai ouvert à tout vent mes hypothèses
Attendant, concentrée comme les granits
Le moment de prédilection
L'entendement
La découverte du mystère
Et de ce sexe d'ailleurs
Qui m'épatait
M'épatait tant
J'attendais  un signe
C'est ainsi
Je voulais découvrir un lieu commun
Pour pouvoir ignorer les remous des conjectures
Pouvoir enfin m'y poser
Dans leurs bras
Aux bords de mon gynécée
Calme et ombragé comme une bibliothèque
J'attendais qu'ils s'exhibent
Déconcertée plus souvent par les vapeurs de la loi des grands nombres
Que par une constance
Ou la consistance d'un trait
C'est une fausse route
Tous les savoirs, ancestraux ou pas
Une mauvaise pente
Et en bas
Assis sous les échantillons
Seul et boudeur
Encore toi







Juillet 2012




Sans titre






Quelle besogneuse attention sera la tienne
Quand plus aucun mot n'a son corps propre
Aucun voeu sa clarté
Là où les incroyables contes qu'on inhalait, qu'on inhalait
Aux narines pourtant si vacantes de la crédulité
Semblent momifiés, lettre morte ? 
As-tu
En toi
Ce fond sur quoi se posent
Fatiguées de sonder les courants
Les poulpes
Ce banc de sable où s'échouent
Les suffisances
Là où les afflictions les plus insubmersibles
S'enfouissent ?
Es-tu quelqu'un ?
Quelqu'un plein de ta masse
Solide comme un cargo et ton front
Ouvert, sans y songer, aux rutilances
Quelqu'un vraiment
Mais peu spongieux, fier avec indifférence
Assez spacieux
L'ouvriras-tu
La brèche
Où sera doux
Le faste des désirs impurs, enfin
Et leurs octaves appétissantes
La brise, l'entendras-tu
De ce qui se sait, qui monte à l'envers
Sous les effets de la pression mal famée
Enfin, enfin, enfin
De toi
Te titreras-tu ?






Juillet 2012














Solide